Un terroir exceptionnel pour la diversité botanique
La situation géographique de Castelnaud-La-Chapelle place le village à la croisée d’influences climatiques : adoucissement atlantique, substrat calcaire chauffé par l’été, microclimats dans les fonds de vallées. Ce cocktail naturel favorise la présence de nombreuses plantes aromatiques et médicinales à l’état sauvage.
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Près de 1 700 espèces végétales spontanées sont recensées en Dordogne (Atlas de la flore de Dordogne, Société Botanique du Périgord, 2022).
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Périgord Noir : particularité à combiner espèces de garrigue, de prairies bocagères et de milieux humides.
De l’ombre des noyers jusqu’aux pelouses sèches au-dessus du village, la diversité des micro-habitats offre un terrain idéal à quantité d’espèces parfois méconnues.
Les incontournables plantes aromatiques sauvages
| Nom français |
Nom latin |
Milieu naturel |
Usages |
| Thym sauvage |
Thymus serpyllum |
Rochers, murets, pelouses sèches |
Infusions, cuisines, antiseptique |
| Sarriette des montagnes |
Satureja montana |
Pentes calcaires ensoleillées |
Assaisonnement, digestion |
| Romarin sauvage |
Rosmarinus officinalis |
Coteaux exposés, buissons |
Infusions, plats mijotés |
| Origan |
Origanum vulgare |
Fossés, friches sèches |
Pizza, tisanes, troubles respiratoires |
| Menthe pouliot |
Mentha pulegium |
Bords de ruisseaux |
Infusions, répulsif naturel |
Thym sauvage et sarriette : les alliés des coteaux ensoleillés
Il suffit de parcourir les sentes caillouteuses dominant la Dordogne, près de la Chapelle Saint-Marc ou vers Fayrac, pour croiser le parfum subtil du thym serpolet. Cette lamiacée tapisse les sols pauvres et chauds, attirant abeilles et cueilleurs d’infusions.
La sarriette des montagnes, localement appelée “poivre d’âne”, pousse sur les versants les plus exposés : les anciens racontent qu’elle tonifie la cuisine mais aussi la digestion d’un cassoulet périgordin. Selon la pharmacopée traditionnelle, elle était aussi utilisée pour traiter les infections buccales.
Menthe pouliot : fraîcheur discrète des zones humides
Souvent méconnue, la menthe pouliot se reconnaît à ses petites fleurs mauves et son arôme particulièrement intense. Jadis, elle était glissée dans les sabots pour éloigner les insectes lors des foins. Elle entre dans la composition de sirops maison, et servait aussi d’antitussif dans les campagnes (source : Ethnobotanica, 2018).
Les plantes médicinales phares du Périgord Noir
Si l’usage culinaire domine aujourd’hui, l’histoire du Périgord Noir est marquée par le recours aux simples. Nombre de plantes sauvages de la région étaient cueillies pour soigner petits maux et bobos.
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Achillée millefeuille (Achillea millefolium) : hémostatique et cicatrisante, omniprésente près des chemins et prairies.
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Plantain lancéolé (Plantago lanceolata) : anti-inflammatoire, réputé pour calmer les piqûres d’ortie ou d’insecte. Les enfants du village se frottaient les genoux avec sa feuille.
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Camomille romaine (Chamaemelum nobile) : note caractéristique des pelouses et pâtures. En tisane, elle apaise digestion et petits stress.
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Millepertuis perforé (Hypericum perforatum) : considèré autrefois comme la "fleur de la Saint-Jean", il colonise les talus éclairés. Ses propriétés antidépresseures et cicatrisantes sont documentées depuis l’Antiquité.
Une pharmacopée villageoise méconnue
Les “simples” évoqués dans les archives paroissiales de Castelnaud-la-Chapelle désignent ces remèdes du quotidien, préparés à partir des récoltes familiales. Jusqu’au début du XX siècle, les apothicaires et herboristes locaux tenaient une place importante lors des foires et marchés (source : Archives Départementales de la Dordogne, fonds santé rurale).
L’art de la cueillette sauvage : vigilance et traditions
Récolter ces trésors requiert discernement et respect de la nature. La flore du Périgord, bien que foisonnante, subit la pression des activités humaines. Voici quelques bonnes pratiques rassemblées auprès des guides locaux et des naturalistes du Conservatoire botanique Sud-Atlantique :
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Cueillir uniquement ce que l’on identifie parfaitement (risques de confusion, notamment avec les ombellifères toxiques).
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Prélever avec modération : laisser toujours la moitié des plants sur place.
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Proscrire la cueillette en sites protégés (réserve de Fongauffier, falaises à trèfle d’eau).
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Respecter la saisonnalité : fleurs au printemps, feuilles et tiges à l’été, racines à l’automne.
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Prendre garde à la pollution près des routes ou cultures traitées.
Anecdotes et usage culturel : des plantes qui font partie de la vie locale
Les plantes aromatiques s’invitent naturellement dans la gastronomie du Périgord Noir. Un bouquet de sarriette ou d’origan parfume la soupe de cèpes, tandis que les femmes du village disposaient du thym dans les armoires pour éloigner les mites. Lors des fêtes de la Saint-Jean, les enfants rapportaient du millepertuis tressé en couronne, censé protéger des “mauvais esprits”.
Le dicton local ne dit-il pas “Thym pris au solstice tient l’hiver à distance”? Cette tradition perdure lors du marché de Noël où l’on trouve parfois des petits sachets fleuris concoctés par les associations locales.
Usages innovants au XXI siècle : retour à la nature
Cette redécouverte des savoirs botaniques inspire aujourd’hui de jeunes producteurs et des ateliers pédagogiques. Depuis 2019, l’association “Les Simples de la Dordogne” recense et valorise ces patrimoines, organisant balades botaniques et ateliers de fabrication de tisanes (réf : Facebook “Les Simples de la Dordogne”, 2023). Plusieurs petits producteurs locaux proposent désormais de l’huile essentielle de lavande aspic ou des sirops de coquelicot récoltés dans la vallée – un vrai mouvement de micro-entrepreneuriat rural.
Quelques plantes emblématiques à observer lors de balades autour de Castelnaud-La-Chapelle
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Lavande aspic (Lavandula latifolia) – Encore spontanée sur certains cailloux du causse, visible dès fin juin.
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Épiaire officinale (Stachys officinalis) – Plante à la saveur douce-amère, remarquable par ses épis mauves dans les prairies.
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Asperge sauvage (Asparagus acutifolius) – Quasi-invisible, sinon au printemps où ses jeunes pousses se dégustent en omelette.
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Fenouil sauvage (Foeniculum vulgare) – Sa tige creuse exhale un parfum anisé utilisé pour relever salades et plats de poisson.
Où les observer ?
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Sentier des falaises, secteur du Pech, pour le thym et la sarriette.
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Bords de Dordogne, marais de Cénac, pour les menthes et le plantain.
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Pelouses sèches entre Castelnaud-La-Chapelle et La Roque-Gageac, idéales pour l’origan et la lavande.
Un patrimoine botanique à préserver et à partager
La nature qui entoure Castelnaud-La-Chapelle dévoile, à chaque saison, une palette aromatique étonnante. Qu’il s’agisse de parfumer un plat ou d’apaiser un rhume de saison, ces plantes témoignent d’un savoir ancestral dont la transmission, loin d’être folklorique, reste le socle d’une approche durable du territoire.
Explorer ce patrimoine, c’est renouer avec des odeurs, des gestes et des traditions qui structurent en douceur l’identité du Périgord Noir. Et si, au hasard d’une balade, vous tendez la main vers un brin d’origan, souvenez-vous qu’ici, la cueillette est avant tout un art de vivre respectueux, partagé et curieux.
Pour aller plus loin : Société Botanique du Périgord, Conservatoire botanique national, Flore locale.