Même si le Périgord est une terre de contes et de récits, la légende du rocher des amoureux de Castelnaud-La-Chapelle a pris une place à part. Les anciens du village racontent – chacun y ajoutant sa variante – qu’il s’agit du théâtre d’une passion interdite entre deux jeunes gens issus de familles rivales. Les prénoms, selon les époques et les versions, changent. Le plus souvent, on parle de Bertille et d’Antoine, parfois d’Élise et d’Armand.
- Le scénario principal : Les amoureux se retrouvaient régulièrement sur le promontoire, loin des regards, jusqu’à ce que leur secret soit découvert. Interdits de se voir, ils auraient fait le serment éternel de s’appartenir, scellant leur union dans un pacte au sommet du rocher.
- La fin tragique : Repoussés par leurs familles, et acculés par leur propre détresse, ils se seraient jetés main dans la main dans le vide depuis le rocher, préférant l’amour à la séparation.
Cette histoire, en réalité, ne possède aucune attestation écrite antérieure au XIX siècle, ce qui laisse supposer une construction tardive ou la réinterprétation d’un mythe universel (dans la lignée de Roméo et Juliette ou d’Héloïse et Abélard). Le folklore local s’est nourri de ce récit, lui donnant une couleur propre au Périgord Noir, accentuant la profondeur émotionnelle de ce lieu.
Des collectes orales menées dès les années 1930 par des folkloristes locaux (voir les travaux de l’historien Jean Lacoste, parus dans « Traditions vivantes du Périgord » en 1964), confirment que la version récurrente reste celle d’un pacte d’amour contrarié par des querelles de familles paysannes, sur fond de jalousie, de partage de terres et de rivalités médiévales.