Pour comprendre pourquoi tant de regards se tournent encore vers un hypothétique souterrain, il faut remonter à l’histoire mouvementée de Castelnaud-La-Chapelle. Fondée sur un éperon rocheux qui domine la confluence de la Dordogne et du Céou, la cité médiévale a longtemps été le théâtre de rivalités, de sièges et de légendes. Dès le XIV siècle, le château de Castelnaud devient un haut lieu de la guerre de Cent Ans : bastion récompensé pour sa solidité et sa position stratégique, il a été assiégé à de multiples reprises (cf. Dictionnaire des Châteaux du Périgord, Editions du Périgord Noir, 2014).
Dans ce contexte d’insécurité chronique, les rumeurs sur la présence de cachots, galeries et souterrains étaient fréquentes. Ces passages auraient été utilisés pour échapper aux assaillants ou faire entrer provisions et secours. À Castelnaud, la légende s’est transmise oralement — colportée par les enfants, glissée dans les discussions de marché, reprise par les premiers guides locaux apparus dans les années 1970.
Des témoignages ancrés dans la mémoire villageoise
Sur les bancs publics ou devant la halle, il n’est pas rare d’entendre une grand-mère évoquer l’histoire de son oncle, prétendant avoir aperçu une grille dissimulée sous le lavoir ou derrière une souche de noyer. Un exemple documenté figure dans les archives de la commune : en 1954, des ouvriers déterrant des câbles rue du Château auraient mis à jour un départ de voûte, vite rebouché car jugé dangereux (Registre des travaux communaux, Mairie de Castelnaud-La-Chapelle).