Plongée dans l’univers des « Vieilles Mécaniques du Céou » à Castelnaud-La-Chapelle

13 juillet 2025

Un rendez-vous incontournable pour les amoureux de patrimoine mécanique

Chaque printemps, le village de Castelnaud-La-Chapelle, habituellement dominé par la majesté de son château médiéval, résonne d’un vrombissement un peu particulier. « Les Vieilles Mécaniques du Céou » attire, le temps d’un week-end, passionnés de tracteurs d’autrefois, curieux de tout âge, familles et collectionneurs de la Nouvelle-Aquitaine et au-delà. Organisé par l’association du même nom, ce rassemblement est devenu depuis plus de 20 ans un temps fort de la vie locale et un vrai point de repère dans l’agenda des événements ruraux du Périgord Noir (source : Sud Ouest, 2023).

L’histoire des Vieilles Mécaniques : un événement enraciné dans le village

Au commencement, il y avait une poignée d’amis désireux de faire revivre les machines de leurs aïeux, ces moteurs agricoles qui racontent l’histoire du XX siècle rural. C’est en 2002 que la première édition voit le jour, dans une ambiance conviviale et résolument bénévole. Rapidement, la manifestation s’agrandit, accueillant tracteurs Lanz, John Deere ou Renault du Périgord, moteurs fixes « Bernard », quelques autos anciennes et motoculteurs, mais aussi des visiteurs venus de tout le Sarladais.

  • La date : Toujours positionnée autour de l’Ascension (prochain rendez-vous le jeudi 9 mai 2024, selon l’Association Vieilles Mécaniques du Céou).
  • Lieu : Grand pré communal de Castelnaud-La-Chapelle, au pied du village fortifié.
  • Entrée libre pour tous, avec restauration sur place et animations toute la journée.

Chaque année, ce sont près de 2 000 visiteurs qui s’y pressent, preuve d’un engouement intact pour ce patrimoine roulant (d’après La Dépêche du Midi, 2022).

Tracteurs, moteurs fixes et véhicules de légende : le parc d’exposition en détail

De la petite batteuse à main des années 30 jusqu’au tracteur « Lanz Bulldog » de 1953, la diversité du parc exposé à Castelnaud-La-Chapelle frappe. Voici un aperçu des catégories les plus représentées :

  • Tracteurs agricoles anciens : modèles des années 1940 à 1970, souvent restaurés par des passionnés. Certains, comme le célèbre Renault D22 ou le Massey Ferguson 35, rappellent le visage du Périgord d’après-guerre.
  • Moteurs fixes : Bientôt centenaires, ces moteurs « Bernard », Ruston ou Petter, servaient à entraîner scieries mobiles, pompes à eau, générateurs. Leur bruit cyclique et l’odeur d’huile font la spécificité de cette section.
  • Camions, utilitaires et véhicules militaires : Plus rares, ils viennent parfois d’autres régions : camions Citroën U23, jeeps Willys… Chaque année, plusieurs clubs viennent exposer leurs pièces maîtresses.
  • Autos populaires et curiosités : Citroën Traction, 2CV, Simca Aronde parfois, mais aussi vélomoteurs ou mobylettes Motobécane complètent ce tableau vivant. En 2023, plus de 60 véhicules étaient rassemblés d’après France Bleu Périgord.

Les exposants n’hésitent pas à démarrer sur place leurs machines : les nuages de vapeur, le bruit caractéristique du « pop-pop » de certains moteurs, font la joie des enfants comme des anciens.

Rencontres, animations et ambiance champêtre

Au fil des éditions, « Les Vieilles Mécaniques du Céou » ont su se doter d’une vraie dimension festive et intergénérationnelle :

  • Démonstrations de battage traditionnel avec paille, moisson à la faux ou au tracteur
  • Concours de labour ou de maniabilité pour tracteurs anciens : l’événement a déjà rassemblé une dizaine de concurrents le même jour (source : Fédération française des véhicules d’époque)
  • Animation musicale, bal country ou musiques traditionnelles occitane selon les années
  • Stand de produits locaux (noix du Périgord, confitures artisanales, vins de Domme)
  • Jeux en bois pour enfants, balades en calèche

L’aspect intergénérationnel est particulièrement sensible : parents et grands-parents viennent transmettre à leurs petits les souvenirs de l’agriculture du passé, et l’école du village n’est jamais avare d’anecdotes ou de dessins exposés. Certains anciens racontent volontiers comment, parfois, un même Ferguson a servi sur trois générations à labourer les mêmes terres au bord du Céou.

Les coulisses : qui sont ces passionnés qui font tourner la machine ?

Au cœur de l’événement, on trouve la quarantaine de bénévoles de l’association « Vieilles Mécaniques du Céou ». Issus pour la plupart des communes alentour (Castelnaud, Daglan, Saint-Cybranet, Vézac…), ces mécanos du dimanche deviennent guides d’histoire, garants du bon fonctionnement des moteurs, mais aussi logisticiens et animateurs. Parmi eux, Jacques, le président fondateur, a lui-même retapé un Diesel Laffly M7 dans son garage ; Jean-Paul, son voisin, bichonne une batteuse Poirier de 1938 depuis quinze ans.

Leur but, année après année, reste le même : préserver des savoir-faire menacés de disparition. D’où la présence de quelques ateliers de réparation ou d’initiation sur place : comment fabriquer une courroie, régler un allumage sur un moteur à magnéto, ou fabriquer une roue en bois (témoignages recueillis lors de l’édition 2023).

Pourquoi cet attachement aux moteurs anciens ? Petite histoire locale du machinisme

L’histoire du machinisme agricole en Dordogne est intimement liée à la modernisation progressive après la Seconde Guerre mondiale. Avant-guerre, les paysans du Céou travaillaient la vigne, le maïs ou les prairies à l’aide de chevaux de trait. L’irruption des premiers « petits gris » (tracteurs Ferguson), importés dès les années 1950 par la Coopérative agricole de Sarlat, a révolutionné la vie locale.

D’après le recensement agricole de 1955, le département comptait moins de 1 200 tracteurs pour plus de 20 000 exploitations (source : Archives Départementales 24). Cinquante ans plus tard, la mécanisation massive a évincé la main-d’œuvre et fait disparaître la plupart de ces engins de nos routes et villages. Ce patrimoine roulant, longtemps sous-estimé, est désormais valorisé à travers ces rassemblements, dont celui de Castelnaud fait figure de référence.

Quelques anecdotes, souvenirs et spécificités à ne pas manquer

  • La plus vieille machine exposée en 2022 était un moteur fixe anglais Petter Type A fonctionnant au pétrole lourd, daté de 1926, et remis en état par un passionné de Daglan.
  • Un rare Mototracteur Simar suisse a été vu en 2023, modèle quasi-introuvable en Aquitaine.
  • Des « concours de klaxon » font parfois sourire le public, certains moteurs anciens étant équipés de cornes à main impressionnantes.
  • En 2019, près de 40 kg de noix du Périgord ont été vendus sur le marché éphémère, montrant le lien entre agriculture, terroir et mécaniques.

Depuis plusieurs années, l’événement attire aussi des collectionneurs venus de Corrèze, du Lot et même du Tarn-et-Garonne, preuve de l’aura de ce rendez-vous au-delà du périmètre local.

Conseils pratiques pour profiter pleinement de la journée

  • Arriver tôt : Les belles heures sont celles du matin, quand les exposants font démarrer leurs moteurs à froid – une expérience sonore et olfactive unique.
  • Pensez à réserver votre repas : L’association propose souvent un déjeuner champêtre (assiette gourmande aux produits locaux), mais les parts partent vite !
  • Accès et stationnement : Parking gratuit sur le pré, mais la circulation peut être encombrée à l’entrée du village aux heures d’affluence.
  • Prévoir chapeaux et gourdes : La manifestation se déroule au grand air, parfois sous un soleil généreux du mois de mai.
  • Venir en famille : Des animations sont prévues pour les enfants, qui pourront monter sur certains petits tracteurs avec autorisation.

Pour toute question, l’Association « Vieilles Mécaniques du Céou » tient à jour une page Facebook (actualisations en saison).

Pour les collectionneurs et passionnés : s’inscrire ou exposer

  • Les exposants doivent s’inscrire en amont (formulaires disponibles auprès de l’association ou en mairie de Castelnaud-La-Chapelle).
  • L’inscription est gratuite mais obligatoire ; priorité aux véhicules âgés de plus de 40 ans ou issus d’un contexte agricole.
  • Sur place, un village-exposant favorise l’échange d’astuces sur la restauration, la mécanique ou la recherche de pièces détachées.

En 2023, une douzaine de restaurateurs, bricoleurs et collectionneurs venus comme exposants ont fait le déplacement pour la première fois du Limousin ou du Gers, justement séduits par l’accueil du public et la convivialité locale (source : témoignages recueillis sur place).

L’événement, témoin d’un territoire fier de son histoire

« Les Vieilles Mécaniques du Céou » ne se contentent pas d’exposer des engins. À travers ce rendez-vous, c’est toute une mémoire agricole qui s’entretient, un dialogue entre générations, et une démonstration du savoir-faire périgourdin. Dans un contexte où la ruralité évolue, ces moteurs patinés rappellent à chacun d’où vient le Périgord Noir et nourrissent la curiosité des visiteurs.

Rendez-vous en mai à Castelnaud-La-Chapelle pour sentir, entendre, admirer… et plonger, le temps d’une journée, dans une page vivante du patrimoine régional.

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